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15.08.2005
Légèreté
« Le fourreau doré de la compassion cache parfois le poignard de l'envie.»
Friedrich Nietzsche.
Je comprends mieux pourquoi je n'ai aucune compassion pour certaines dindes : il faudrait envier leur bêtise pour les plaindre... Ainsi, pour ne parler que d'internet et du monde des blogs, ma compassion s'égare souvent entre deux exhibitions de soutien-gorge, la description d'un lapin posé, des petites annonces dignes de la rubrique «amour» de Paris boum boum, des listes des courses effectuées (certainement dans le but de rassurer leur maman sur leur bonne hygiène alimentaire), une apologie du pipi dans le bain, et des questions existentielles du type «Mais alors, le circoncis fait-il vraiment l'amour plus longtemps que le prépuce originel ? Mystère...».
Si l'on ajoute à cela la qualité des aphorismes de certains lecteurs : lorsque les femmes prendront conscience du pouvoir qu’elles ont sur les hommes, ce sont elles qui dirigeront le monde… on entrevoit facilement un monde parfait, un monde rose silicone, un monde rive-gauche fait d'insouciance, de dents sans tartre et de bronzette à Paris-plage, dans lequel nous déambulerions, pauvres hères que nous sommes, en tongues fleuries l'été et bottes pointues l'hiver, attendant avec frénésie la nouvelle édition parisienne de «La nuit blanche» ; un monde qui ne serait fait que de recherche du rouge à lèvres assorti avec tel sac à main, de jours de soldes, de discours de Delanoë, d'envolées de ballons pour florencethussein et de bisounours, un monde beur blanc noir dans lequel tous les hommes, en plus de savoir jouer du djembé et danser la salsa, s'appelleraient «chouchou»...
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Commentaires
On pourrait aussi tout simplement se dire que certaines ont peu reçu, vraiment peu... ça n'excuse pas tout, mais ça explique beaucoup de choses. Quant à la compassion, elle n'est pas la pitié guimauve ou la tolérance neuneu, mais cela Nietzsche ne peut guère le comprendre. Ou plutôt, il peut le comprendre mais certainement pas l'écrire, car la compassion est une notion typiquement christique, intégralement liée à l'incarnation et au sacrifice de la Croix. Je suis pour la compassion, parce qu'elle est le début de l'enseignement. Et que les "dindes" comme vous dites, vivent dans le néant. Dénoncer le néant c'est bien. Chercher à le combler me semble mieux. A moins de vraiment se réjouir à l'idée d'être un ultime carré de résistants qui "eux au moins pensent mieux et plus que les dindes" (pas dur, je le concède). Les derniers carrés de résistants crèvent rapidement de l'aigreur et de l'endogamie, en général.
Ecrit par : B. | 15.08.2005
Voila qui n'est pas envoyé dire. Si on ne peut même plus se moquer des pintades.... "Dénoncer le néant c'est bien. Chercher à le combler me semble mieux" Avoir conscience du néant, c'est déjà un début, non ?
Ecrit par : cyrielle | 16.08.2005
" Avoir conscience du néant, c'est déjà un début, non ?" C'est à peu près exactement ce que je venais d'écrire, mais la pédagogie c'est la répétition et il n'est jamais inutile de répéter les choses avec des mots différents donc merci :-). D'ailleurs, je pense même que c'est beaucoup plus qu'un début. Je précise juste que la dénonciation systématique sans l'apport du remède mène en général à l'aigreur de type "derniers résistants" et donc finit par agraver le mal (en provoquant le rejet) au lieu de le soigner. Par ailleurs, il est toujours beaucoup plus facile de faire de l'esprit dans la moquerie et la dénonciation que de faire preuve de talent dans la construction...
Ecrit par : B. | 16.08.2005
Tout en trouvant que vous visez tout à fait juste ici chère Justine, tout en riant aussi beaucoup à la lecture de votre billet, je ne peux m'empêcher de trouver étrange que vous soyez désormais membre de cette communauté « misogyne et fière de l'être ». Vous êtes femme, et c'est une des facettes rendant votre plume délicieuse. Et je suis certaine que vous en jouez – il y a ainsi, parmi vos répliques chez certains messieurs comme un jeu de séduction des plus charmants. On peut honnir les chiennes de garde, les féministes et les sottes tout en aimant les femmes et l'élément féminin, tout en – à votre manière – rendant au féminin sa plus pure essence. C'est pourquoi je ne comprends pas vraiment que vous vous clamiez « misogyne », à moins que vous entendiez par cet adjectif tout autre chose que je ne le fais.
Bien à vous
Ecrit par : Virginie | 16.08.2005
Virginie : j'y entendais un pied de nez à Lapinos, qui a crée cette communauté sans connaître (visiblement) la définition du mot. Cela dit je me retrouve, au contraire de lui, dans une partie de sa définition : tendance à fuir la société des femmes.
Je suis également inscrite dans la catégorie catholicisme, mais n'en déduisez rien, c'est aussi un pied de nez.
Quant à mes «répliques chez certains messieurs», je ne vois pas ce à quoi vous faites allusion. Puis-je vous demander précision ?
B., j'ai visiblement beaucoup à apprendre de vous, et ce serait avec grand plaisir, soyez-en assurée.
Ecrit par : Jus†ine | 16.08.2005
Ah... tout cela me rassure! Fuir la société des femmes n'est pas une mauvause idée, et elle explique en somme cette précision que vous me demandez, puisque, étant moi une femme sottement ragoteuse (non, je ne suis pas vraiment comme cela en fait...), vous voyant commentant davantage et plus souvent chez des messieurs que chez des dames, je vous avais cru "Don Juane" alors que vous étiez somme toute amicale et polie. L'explication vous sied t'elle Justine ?
Ecrit par : Virginie | 16.08.2005
Quel courage, Justine, d'avoir épluché le blog de la dinde susdite pour en distinguer ces quelques navrants billets... Elle se prévaut d'être journaliste et de ne pas écrire trop mal, mais ça ne l'empêche pas d'écrire "comme même" à la place de "quand même". Je suis consternée.
Pour anticiper la question de Virginie, je me suis aussi inscrite à la communauté "fier d'être misogyne" à peu près pour les mêmes raisons que Justine. Dans la vie je me retrouve toujours spontanément en compagnie d'hommes sans le faire exprès, et je me suis aperçue que c'était pareil dans la blogosphère.
Ecrit par : Polyphème | 16.08.2005
Je suis un fan de l'émission "strip tease".
Mon reportage préféré est celui ou un roi du Tuning se fait tatouer son chien sur le pec et , dit à sa copine "Tu vois le collier, j'vais y faire tatouer ton prénom dedans".
Je pense que si un reportage était consacré à la bobo parisienne, il y aurait moyen d'encore plus se marrer...
Ecrit par : francois | 16.08.2005
Et pour être artiste Charlotte a dit qu'il fallait faire 5 ans d'études.
C'est pas très gentil pour les poètes en jogging turquoise..
Ecrit par : Axël | 16.08.2005
Je ne vois pas le rapport, Axël, ils les ont les 5 années d'étude : CP, CE1, CE2, CM1 et CM2, et certains en ont même 6, suffit de redoubler une année ! (Ceux-là sont paroliers pour Minister Amer en général...).
Ecrit par : Jus†ine | 16.08.2005
Les bleus bourrés au blanc ont vu rouge !
Nique! Nique! Niquez vos mères font qu'ont bouge !
Ecrit par : Stomy Bugsi | 17.08.2005
Moi je les aime bien ces petit gars du Ministère A.M.E.R., un peu voyou, un peu poête ( c'est la même chose ). C'est des gaillard comme moi qui ont pas attendu les flics et les curetons pour apprendre la littérature sur les bancs de la rue ( de la vie devrai-je dire ), et qui s'en laisse pas compter par les préchi-précha du pape et des instits... Eux au moins ils ne sont pas comme tous ces bande-mou de la fac à bourges ( sac à merde ) à qui une vraie chatte de vraie gonzesse fout la trouille.
Allez mes copains sacrifions le pouléhéhet! le pouuléhéhet !
Ecrit par : Georges Brassens | 17.08.2005