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14.08.2005
Bonne nuit les petits
L'Homme moderne est élevé dans la gentillesse. Son éducation est délicate et suit les règles de liberté (individuelle et d'autrui), elle consiste principalement à faire en sorte qu'il ne se mêle sous aucun prétexte des affaires des autres. Pas plus que des siennes d'ailleurs. On le pousse sur des rails, qu'on lui présente comme universels, en prenant soin de lui expliquer qu'ils le mèneront jusqu'au bout, quelques soient les situations qu'il sera amené à rencontrer. La société à tout prévu, ne vous inquiétez pas, fermez les yeux, ça va bien se passer.
Et tendez le derrière bien haut. non, plus haut. Voilà, vous verrez, vous ne sentirez rien. La société à prévu une poche de lubrifiant, car la société pense à tout. Ne pensez à rien, laissez vous aller, la société pense pour vous.
La maternité qui accueille sa naissance lui offre ses premières tétées, c'est ainsi qu'il ingère les trois mots d'ordre qui feront de lui un Homme. Sécurité. Réussite. Individualisme.
Et c'est sous le couperet de sa propre mère que les archaïques valeurs tomberont, entraînant dans leur chute ses petits cheveux. Tchac le Travail. Tchac la Famille. Tchac la Patrie.
Que lui reste t-il une fois que la société a pourvu à ses besoins de reconnaissance sociale et de plaisirs charnels et gastronomiques ? Trente kilogrammes de gras, une propension à la somnolence et l'honneur de devenir à son tour l'instrument de ce qui l'a endormi, que ce soit par le biais de la parentalité, de l'enseignement, de la médiatisation, ou de l'«engagement» politique.
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Commentaires
« A mesure que la nécessité se trouve socialement rêvée, le rêve devient nécessaire. Le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n’exprime finalement que son désir de dormir. Le spectacle est le gardien de ce sommeil. » (Guy Debord, La Société du spectacle)
Ecrit par : Sébastien | 14.08.2005
Une vraie obsession pour le gras, qui revient dans plusieurs posts. Ce serait donc le symptôme pertinent de notre époque avachi.
Les américains ont quelques longueurs d'avance comme quoi, il ne faut pas désespérer de notre pays
Ecrit par : emmanuel | 15.08.2005
Oui, Emmanuel, je dois dire que c'est assez récurrent. Mais c'est à l'image de ce que je vois autour de moi : des gens qui s'engraissent, qui s'avachissent, qui consomment : de la nourriture, des boissons, des femmes, des hommes. Des gens qui se remplissent, à en éclater, parce que leur vie se vide peu à peu de sa maigre substance, parce qu'ils veulent «profiter».
Je ne pratique pas le culte du corps, loin de là, mais ce laisser-aller (je ne parle pas là d'obésité) est assez peu ragoûtant.
Et le comble du comble ce n'est pas tant le gros/la grosse qui se gave au Mc Do/Quick ou je ne sais quel autre palais de l'hamburger, c'est surtout celui ou celle qui va acheter des chips ou du soda light.
Ecrit par : Jus†ine | 15.08.2005